Situé en plein cœur de la ville de Thiès, sur la rue 16, Avenue Birame Bèye, au quartier Escale Sud, le Service d’éducation, de rééducation et de formation d’appareillage (Serfa) s’emploie, tous les jours, à offrir la joie de vivre à des enfants atteints d’infirmité motrice cérébrale (Imc) et leur assurer une prise en charge médicale.

La conviction et la compassion insufflent de l’énergie au Service d’éducation, de rééducation et de formation d’appareillage (Serfa) de Thiès. Les agents sont au chevet des enfants handicapés et atteints d’insuffisance motrice cérébrale. C’est une prise en chargé spécifique. Aux agents, il leur faut de la patience. « Ici, nous accueillons une vingtaine d’enfants par jour dans la crèche. Mais, près de 200 enfants handicapés ou atteints d’insuffisance motrice cérébrale ont été recensés et suivis régulièrement par nos équipes de relais », dévoile l’une des éducatrices, Béatrice Bebga. Elle assure l’intérim de la coordonatrice du Projet de promotion et de développement de la rééducation des enfants Imc. C’est l’un des rares espaces de prise en charge de cette catégorie de population. L’accès à l’éducation, à la santé et particulièrement aux soins spécialisés et la lutte contre la discrimination sont le crédo de cet établissement. « Des enfants souffrent de marginalisation du fait des troubles de psychomotricité qui limitent ou retardent les apprentissages sociaux (troubles des sens, du langage, de la motricité, perte de contrôle sphinctérien…) », fait remarquer André Demba Wade, le coordonnateur du Groupe de recherche et d’appui aux initiatives mutualistes (Graim), porteur du projet appuyé par l’organisation belge Plan Bobath.

Il est impossible de visiter ce service et de ne pas être envahi par la compassion et la tristesse. Les plus fragiles versent des larmes, selon l’animatrice Béatrice Bebga. Ici, dit-elle, on trouve « des enfants qui ont perdu leur autonomie et se trouvent dans une situation de dépendance totale qui leur enlève toute possibilité de satisfaire eux-mêmes leurs propres besoins dont se nourrir, s’habiller, se déplacer, parler ». Aussi, tous les jours sont ouvrables dans ce service pour les 10 femmes relais, d’après Aïssatou Ndiaye. C’est l’assistance en permanence, car les enfants ont perdu toute autonomie. « Ce n’est pas une chose aisée de prendre en charge des enfants atteints de motricité. Cela demande beaucoup de moyens et de temps », confesse Mme Bebga. L’enfant atteint d’infirmité motrice cérébrale, énumère-t-elle, a besoin de s’asseoir, se tenir debout, se coucher, se déplacer, du matériel orthopédique adéquat et une alimentation appropriée, ainsi que des interventions en cas de crise. Ces besoins ont un coût que toutes les familles ne peuvent pas supporter. Au Serfa, la participation symbolique par ménage est de 5.000 FCfa par mois, voire 3.000 FCfa pour les familles démunies.

C’est pour cette raison que le service sollicite l’appui du Programme des bourses de sécurité familiale et l’attribution des cartes d’égalité des chances. Le Serfa n’importe plus les appareils de la Belgique. Il fait confiance à l’expertise des artisans locaux. Mais, l’apport de l’organisation belge a été toujours déterminant au fil des années. La rééducation à domicile, l’information et la sensibilisation des enfants, la promotion de leurs droits, la formation des agents et l’équipement du service sont à verser dans le compte des interventions de Plan Bobath. Toutefois, la poursuite de cette difficile mission requiert, aujourd’hui, l’intervention de l’Etat, des collectivités locales, de la communauté et des partenaires

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